» « Just a Girl »?

« Just a Girl »?

Cette série photographique a fait l’objet d’une exposition au centre centre culturel  FGO Barbara du 2 mai au 26 mai 2013.

« This world is forcing me
To hold your hand
‘Cause I’m just a girl, little ol’ me
Don’t let me out of your sight
I’m just a girl, all pretty and petite
So don’t let me have any rights »

L’auto-dérision de Gwen Stefani, égérie blonde platine du groupe pop-rock No Doubt, participe sans doute au succès de cet « hymne féministe ». Just a Girl? Ce titre phare écrit par la chanteuse, raconte les déboires d’une « femme » ramenée par les hommes au stéréotype de la petite fille docile. Miroir de l’évolution des sociétés, le rock recompose toutes les facettes du féminin, des revendications les plus radicales aux jeux paradoxaux autour du genre. Cette exposition présente ces facettes tout en se gardant bien de produire un discours clos.

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Dans les années 60, le rock, sa débauche d’énergie, sa puissance sonore, ses rock-stars idolâtrées, son répertoire subversif et connoté, sont souvent associés aux images de la virilité.

C’est pourtant cette même force d’expression, cette même énergie, cette capacité à porter des messages engagés, qui en feront le vecteur de choix des revendications féministes des années 70.

Figure majeure du rock, Janis Joplin prend à contre courant l’image cliché de la chanteuse à la voix douce et à l’apparence lissée et impose sur scène sa présence affirmée et sa fougue. Certains pourront dire qu’elle reprend à son compte le modèle masculin des chanteurs de l’époque, porté par Jim Morrisson, Mick Jagger et consorts.

Patti Smith est l’une des figures emblématiques des décennies suivantes. Elle était tout à la fois poète, dessinatrice et chanteuse rock. Elle ouvre la voie, avec d’autres, à un rock plus intime et plus introspectif.

Cette période marque l’émergence de mouvements féministes. Alors même que les revendications féministes s’élèvent pour protester contre le système patriarcal et pour réclamer certains droits, les chanteuses rocks gagnent en pouvoir et en indépendance vis à vis des hommes.

Les années 80 prolongent la tendance. La présence des femmes en tant que chanteuses ou musiciennes au sein de groupes composés d’hommes devient naturelle. Les maisons de disques s’ouvrent à elles, à l’image du grand public.

Avec l’émergence de la théorie queer, le rock des années 90 porte un autre type de revendications, celui des mouvements lesbiens, Riot Grrrl… C’est surtout l’arrivée de groupes 100% féminins à l’image de Bikini Kill, L7, Babes in Toyland, ou Le Tigre.

Cette série de photographies présente des chanteuses et musiciennes rock des années 2000. Inutile d’y chercher une image homogène de la « rockeuse ». Autant d’images de femmes que d’héritages des décennies passées : les chanteuses engagées socialement côtoient des musiciennes soucieuses de leur identité artistique. D’autres visages et corps laissent entrevoir une mise en scène de Soi plus proche d’un jeu de séduction.

Reflet de la multiplicité des regards sur la Femme, le rock actuel fait entendre une gamme de sensibilités féminines, féministes ou juste artistiques.

Cette exposition est au diapason de la scène rock, traitée à la manière du photo reportage. Elle s’engage ainsi à présenter la diversité de corps et de visages qui font le rock des années 2000.

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